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21/03/2014

Manifestation du 7 mars 2014 - resultats

Lettre remise en préfecture. Voir aussi le reportage photo ci contre

                                                                                                                 

Collectif  SAUVONS L’AVEYRON

à

Madame  Cécile  POZZO  DI  BORGO, Préfet de l’Aveyron  

 

Madame le préfet,

Les 27 associations d’opposition à l’éolien industriel, réunies sous le collectif  SAUVONS L’AVEYRON ont souhaité vous alerter sur l’invasion qui nous guette avec l’arrivée de 350 éoliennes supplémentaires en Aveyron, car nous avons le devoir de défendre notre environnement, nos espaces naturels et leur  biodiversité qui sont un patrimoine commun contre le pouvoir de l’argent au détriment des populations

Nous avons également le devoir de dénoncer la violation des lois par les promoteurs de l’éolien. Madame le Préfet, vous êtes la  représentante de l’Etat,  et l’Etat est notre seul rempart.  Si l’Etat ne fait pas appliquer les lois qu’il a fait  voter, qui le fera ? Est-ce normal qu’il faille aller en justice pour dénoncer la violation des lois ?  

Oui, en nous opposant aux éoliennes, nous sommes dans notre plein droit. Et ce droit est même devenu un devoir. Le devoir d’abord  de lutter contre le silence programmé de la création de tout  parc éolien

Le devoir de dénoncer la corruption qui gagne nos campagnes, les promoteurs appliquant des méthodes d’un autre temps, en achetant par exemple le silence des riverains trop présents dans les médias,   ainsi que la complaisance voire la complicité de diverses administrations dans différents dossiers  

Avec le retour d’expérience de ce que vit le Lévézou depuis 2007, nous voulons vous rappeler que :

-          La convention européenne des paysages a été bafouée partout et le sera bien davantage en Aveyron si on laisse implanter 350 éoliennes de plus, sur tout son territoire très touristique

-           la loi Montagne censée règlementer les constructions industrielles, a été violée par la construction de 74 éoliennes industrielles.   C’est chez nous que se trouve la plus forte concentration d’éoliennes de France en  Montagne

-          La loi littorale concernant les bords de mer ou les lacs de plus de 1000 ha a été bafouée à Salles Curan  par la construction du parc d’EDF EN (29 éoliennes) Chaque fois qu’un artisan ou un agriculteur veut construire un bâtiment, il doit respecter les normes et la règlementation par rapport à la loi littorale. Alors qu’on s’apprête à faire déplacer des bungalows construits en même temps que ces parcs, on ne dit rien pour les éoliennes,       il y a deux poids et deux mesures !

     -La loi sur l’eau a été bafouée à Salles Curan et à  Arques-Ségur, Alors qu’on interdit ou règlemente, les drainages en agriculture,  alors qu’on a retardé la construction d’un Gymnase ou d’un collège à Salles Curan, en raison d’une zone humide pourquoi déroger pour les éoliennes  Il y a deux poids et deux mesures !

 Toutes les études d’impact sont payées par les promoteurs qui de ce fait, en contrôlent tous les résultats !! On comprend qu’ils leur soient tous favorables !!!

-          La loi sur la préservation et la surveillance du patrimoine biologique a été bafouée à Bouloc, où l’hécatombe des chauves-souris se poursuit.  A Bertholène, aussi, aux portes de Rodez avec l’installation de 11 éoliennes en forêt. La DREAL a donné son  avis sur les études d’impact  sans avoir mis les pieds sur le terrain. Elle a été bafouée aussi à  Peux et Coufouleux, à Murasson et pour tous les projets du Sud Aveyron, sur des régions à faible densité de population mais qui, pour ces raisons,  ont une faune très riche qui va être anéantie  par les éoliennes parce que dans les études d’impact, les promoteurs nient  la présence de ces trésors de biodiversité

-          Voir document ci-joint remis par Jean Claude Austruy

Madame le préfet, nous sommes venus aujourd’hui très nombreux, pour vous demander une nouvelle fois, de vous appuyer  sur le retour d’expérience du Lévézou pour les permis des projets à venir,

-          Pour prendre en compte la fracture du tissu social que génère l’arrivée des éoliennes dans le milieu rural. L’impact néfaste qu’elles ont sur le bon fonctionnement des associations indispensables à la vie d’un village et à sa cohésion sociale. L’impact néfaste sur la vie des communes. La fracture est partout, dans les familles, les écoles, dans les équipes municipales, dans les milieux professionnels : commercial, artisanal ou agricole à travers les groupes d’entraide, les coopératives de matériel agricole etc…  et ça  personne ne l’avait prévu

-          pour constater que 5 ans seulement après leur installation,          3 éoliennes du parc d’EDF EN, Cantos,  Guirande sont arrêtées pour une durée indéterminée Va-t-on les réparer, les démanteler tout de suite ?  Qui a le faire dans  20 ans   puisqu’EDF EN revend tous ses parcs aux étrangers grâce au juteux marché des certificats carbone? Alors que les promoteurs se défendent de faire travailler les artisans locaux, à Salles Curan,  ils ont assigné en justice toute la chaîne des professionnels ayant participé à la construction du parc et leur réclament un manque à gagner de  8 millions 800 000 euros qui va les entrainer vers la  faillite.

-          pour prendre en compte la perte de valeur de notre patrimoine qui est réelle et qui rend le Lévézou nettement moins attractif au point de repousser de nouveaux arrivants,  en témoigne souvent la baisse des effectifs dans les écoles !!

-          pour refuser de laisser installer des éoliennes de 160 m. de haut à 500 m. des maisons comme c’est le cas sur les projets de Rieupeyroux, Prévinquières  et d’Anglars St Félix- Roussennac et de tout le Ségala.  Les infrasons et le bruit des éoliennes  occasionnent des problèmes de santé chez les riverains

-          Quant à notre retour d’expérience sur l’emploi. Où sont les emplois sur le Lévézou qui étaient censés être créés ?   Pendant 5 ans la maintenance des machines a été assurée par les constructeurs.  En subventionnant l’éolien chez elle, la France soutient l’industrie de nos voisins. Toutes les éoliennes installées sur le Lévézou sont étrangères (Allemagne, Espagne, Danemark)

Mme le préfet,  il est inutile que la France s’entête dans un système qui ne marche pas. Arrêtons les subventions à l’éolien terrestre, comme l’a fait l’Espagne avec effet rétroactif pour les machines installées avant 2004,  comme l’a fait  l’Italie,  ce qui oblige EDF EN  à revendre  60 % de ses parcs installés chez elle. Comme l’a fait aussi l’Angleterre dont le ministre de l’industrie a déclaré : « Il est temps de mettre fin au plus grand délire de l’époque actuelle » Et enfin comme l’a fait également l’Allemagne,  dans un silence médiatique  assourdissant  

 Mme le préfet, la machine est en train de s’emballer et tous les services de l’Etat sont dépassés. Les politiques ont perdu tout contrôle de la situation depuis l’abolition des ZDE. Les promoteurs sont en chasse partout à la recherche de proies faciles, pour obtenir des signatures en masse sur l’axe Nord Sud de la ligne 400 000 volts qui va nous amener tout droit au projet de transfo de St Victor,

Voir document ci-joint de Pierre Pradié  

. Mme le Préfet, il est temps de mettre fin à un système qui va faire  doubler le prix de l’électricité pour les ménages et les petites entreprises Il est temps de mettre fin à un système qui va appauvrir les consommateurs mais surtout enrichir des sociétés étrangères canadiennes ou allemandes,  avides de récupérer des certificats carbone, qu’ils vont revendre dans leur pays aux professionnels de l’énergie. Cette transaction leur donnera le droit de polluer chez eux et leur permettra de respecter ainsi leurs engagements du protocole de Kyoto. C’est un système qui nous dépasse !!   

Madame le préfet, nous voulons dénoncer vigoureusement la façon dont l’amendement sur l’abrogation des ZDE et de la règle minimum des 5 mats a été voté. Ce jour-là la démocratie a été prise en otage par le lobby éolien et par Delphine Batho, alors ministre de l’écologie, à 2 H. du matin devant seulement 15 députés présents dans l’hémicycle. Cette loi a  anéanti du même coup le mince pouvoir qu’avaient les élus sur les projets d’implantation !

Mme le préfet, nous voulons vous rappeler que le 21 Sept 2013 à la Conférence sur l’environnement, François Hollande s’est exprimé en disant : «  on a même pu constater parfois qu’il y avait eu  des effets d’aubaine, des gâchis de deniers publics et de comportements spéculatifs. Ce n’est pas bon, ce n’est pas logique que l’argent public, que ce soit des subventions ou que ce soit de la fiscalité, à travers de tels mécanismes, puissent être au service d’une politique qui ne donne pas de résultats »

M. le Président,  si votre adversaire n°1 c’est bien  le monde de la  finance, alors il faut arrêter d’encourager un système qui par ses subventions généreuses aux énergies renouvelables, soutient l’industrie chez nos voisins et aggrave le déficit de notre balance commerciale.  Un  système qui enrichit les plus riches au détriment de l’intérêt du plus grand nombre

   En vous demandant de bien vouloir transmettre nos demandes aux plus hautes autorités de l’Etat, nous vous prions d’agréer, Madame le préfet, l’expression de nos sentiments les plus respectueux

 

 Le vendredi 7 mars 2014. Pour le collectif  SAUVONS L’AVEYRON

 

 Graziella Pierini,    Jean Marty,   Pierre Pradié,   Christian  Bernard 

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