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23/09/2015

L'emploi éolien : Une manœuvre d'intox

Dans le quotidien Centre Presse du 7 septembre 2015, Daniel Druilhet, Président de la Fédération du bâtiment et des travaux publics de l'Aveyron, critique l'attitude du Député de l'Aveyron, Yves Censi, qui prend position contre le développement anarchique de l'éolien en Aveyron.

Le collectif Agir pour le Lévézou ne peut laisser sans réponse les affirmations péremptoires de Daniel Druilhet.

Aussi nous avons réfuté les arguments du Président de la fédération du bâtiment dans la presse régionale à ce chantage à l'emploi (lire ci-dessous).

Nous rappelons que Daniel Druilhet est le bras armé du Président de La CCI de L'Aveyron, Manuel Cantos, ce dernier possedant par ailleurs des intérêts financiers familiaux dans l'éolien industriel.

 

Comme à l’époque de la création des grandes surfaces, qui anéantirent de nombreux commerces, on voudrait nous faire croire que l’éolien terrestre serait source d’emplois. En Ecosse une très sérieuse étude de Verso.Economics  démontre que : « l’éolien n’a créé que 10% des emplois prévus,  mais que chaque emploi vert a supprimé 3,7 emplois dans l’économie locale »  Les parcs éoliens, construits en moins d’un an ne  procurent aux TP que du travail temporaire et le montage des éoliennes  se fait avec de la main-d’œuvre principalement importée. De nombreux pays reviennent sur les tarifs de rachat des énergies intermittentes exagérément subventionnées car l'augmentation induite du coût de l'électricité, pénalise durablement les entreprises et nuisent aux créations d’emplois. Ceux suscités par l’éolien terrestre n’interviennent qu’à la marge car les éoliennes sont fabriquées à l’étranger et les seuls emplois pérennes concernent la maintenance de parcs pour plusieurs départements.

Nous sommes surpris d’apprendre que l’éolien  « retiendrait du monde au pays ». Au contraire, des notaires et agents immobiliers, nous signalent le refus de leurs clients, d’acquérir une propriété immobilière ou de restaurer un bien (véritable mine d’emplois), s’il existe un projet de parc éolien à proximité, qu’ils ont désormais obligation de signaler lors de la transaction. Nous avons connaissance de l’abandon de plusieurs projets de maisons d’hôtes comme celui de ce jeune couple à qui EDF EN a exigé son silence en lui achetant sa maison, désormais abandonnée car devenue inhabitable. L’attractivité et les retombées touristiques du Viaduc de Millau comme celles des barrages d’EDF (projets d’intérêt public) sont amoindries sur le Lévézou par l’arrivée des éoliennes (projets d’intérêt privé) car personne ne souhaite vivre à 500 m de ces machines géantes de 125 à 170 m de hauteur.

Inciter des riverains à investir dans un projet participatif qui fera perdre 30 à 50 % de la valeur de leur maison et la rendra invendable, c’est les inviter à  se tirer une balle dans le pied.  Est-ce un luxe de réclamer une distance d’éloignement de 10 fois la hauteur des éoliennes par rapport aux habitations ? Les paysages  sont un patrimoine commun. N’est-ce pas le droit de la population de défendre sa santé et son cadre de vie, droit reconnu par la Convention Européenne des Paysages et le Code de l’urbanisme ?

Est-il raisonnable d’accepter la destruction d’au moins trois hectares de la Forêt des Palanges, de la bétonner et de la dénaturer, aux fins d’installer six éoliennes d’une hauteur comprise entre 130 et 170m qui culmineront à 1 020m d’altitude ? L’étude d’impact déposée par le porteur de ce projet, Vents d’Oc, filiale d’un groupe allemand, mentionne « les éoliennes se détacheront de la base des boisements qu’elles surplomberont par leur hauteur et leur plus grande luminosité » Elles viendront dominer la Haute Vallée de l’Aveyron, le Causse Comtal, le Lévezou et entreront en co-visibiité avec la Cathédrale de Rodez. Au nom de quel intérêt particulier accepterait-on de miter ce territoire caractérisé par 40% de progression démographique ?

Est-ce un hasard si, près de 30 associations aveyronnaises dénoncent l’anarchie  de tels projets suscitée par une absence d’étude environnementale préalable, au schéma régional éolien adopté ?   Non, ce ne sont pas des « minorités vociférantes, souvent hors sol » qui s’expriment mais des habitants solidement enracinés à leur pays. Plus  nombreux chaque jour, des élus comme Yves Censi, des agriculteurs et des chefs d’entreprises, prennent conscience du risque induit de perte d’attractivité du territoire Aveyron. L’analyse parcellaire du cercle des TP est un non-sens économique. L’éolien n’est que du court terme, l’Aubrac, le Larzac et l’Agglomération de Rodez, clairvoyants, l’ont écarté. L’histoire dira qu’ils ont eu raison !

Le 23/09/2015

 

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